Article de Voyager Luxe - Shanghaï aux passés composés.

Shanghaï aux passés composés.

PAR LEGRAIN Philippe / Chine / Samedi 03 Août 2013
Shanghaï Love Birds de l'artiste Maxime Girault Shanghaï Love Birds de l'artiste Maxime Girault
Shanghaï Love Birds de l'artiste Maxime Girault
La fameuse Pudong Skyline aux aurores. La fameuse Pudong Skyline aux aurores.
La fameuse Pudong Skyline aux aurores.
Mariés sur le pont Waibaidu. Mariés sur le pont Waibaidu.
Mariés sur le pont Waibaidu.
L'ancien quartier juif. L'ancien quartier juif.
L'ancien quartier juif.
Nanshi, la vieille ville. Nanshi, la vieille ville.
Nanshi, la vieille ville.
Le cercle français, dans le quartier du même nom. Le cercle français, dans le quartier du même nom.
Le cercle français, dans le quartier du même nom.
Une chambre du Shangri-La Une chambre du Shangri-La
Une chambre du Shangri-La
La terrasse du M sur le Bund. La terrasse du M sur le Bund.
La terrasse du M sur le Bund.
Le lobby du Broadway Mansion Le lobby du Broadway Mansion
Le lobby du Broadway Mansion
Illuminations nocturnes. Illuminations nocturnes.
Illuminations nocturnes.
Vue depuis le Fairmont Terrace Vue depuis le Fairmont Terrace
Vue depuis le Fairmont Terrace

La «perle de l’Orient», Shanghai la conquérante, ressemble en réalité à une boule à facettes. En clair, Shanghai est aussi multiple que la Chine est immense. Vous avez aimé le Bund, vous adorerez le ghetto juif. À des années lumières de Pudong, la «Petite Vienne» arbore un anachronisme étonnant.

> Emporté par la foule…


. Rives de la rivière Huangpu, un soir d’été. Derrière vous, le Bund, légendaire succession d’immeubles mastocs, témoins silencieux et scintillants d’une présence européenne révolue, disparue avec les années 1930. Face à vous, Pudong et sa «skyline» mythique qui éblouit à l’envi une foule compacte aussi électrisée que les gratte-ciel qu’elle photographie. Le quartier d’affaires ultramoderne de Lujiazui irradie à des kilomètres à la ronde et la fameuse tour, connue sous le nom de Perle de l’Orient, projette des éclairs dans la nuit humide, limite étouffante. Vous réussissez tant bien que mal à vous immortaliser face à Pudong et cherchez un endroit ou vous refroidir dans le calme? Une glace chez Häagen-Dazs au parc Huangpu. Rafraichissant mais sans vue sur l’extérieur nuit. De la terrasse du «M sur le Bund», on dîne et se délecte du paysage. Select mais pas autant que l’anachronique «The House of Roosevelt» et ses terrasses féériques.

> Le passé fait de la résistance.


. Face à cette bonne cinquantaine de bâtiments en enfilade, dressés le long du kilomètre et demi du Bund, vous vous dites sans doute que le passé fait de la résistance en version franchement originale: Renaissance, gothique, baroque, néo-classique, Art déco, tout y passe et en force. Au nord du Bund, vers l’embouchure de la rivière Suzhou, le monument des Héros du peuple, dédié aux martyrs révolutionnaires, dresse son béton triomphant vers le ciel laiteux. Arrivés au niveau du pont Waibaidu (ex-Garden Bridge, œuvre de métal bâtie en 1906), admirez le ballet des barges immenses qui s’évitent soigneusement sur les eaux sombres de l’estuaire. Une mariée en tongs et robe à traîne traverse devant vous suivie d’un prince charmant déguisé en accordéoniste de bal populaire et d’une troupe de photographes à l’air accablé. Vision étrange qui coïncide avec l’apparition du Yuanxin Tian’an Hall et de son église toute ocre. Vous voici projetés dans l’Angleterre de la révolution industrielle. À Shanghai, on prend des libertés avec la concordance des temps...

> Et le temps fait des concessions.


. Si vous traversez le Pont Waibaidu, vous pénétrez alors dans le Shanghai des concessions internationales, notamment britanniques et américaines. La Belle Époque dans toute sa splendeur avec le consulat général de Russie, l’Astor House Hotel ou Puijang Hotel, fréquenté par Charlie Chaplin ou Albert Einstein, le Shanghai Broadway Mansion. Sans oublier le monumental musée de la Poste qui date des années 1920, plus british que chinois. En tout cas, vous ne manquerez pas de grimper jusqu’au toit pour vous offrir une des plus belles vues sur le Bund. Et si le cœur vous en dit, vous pourrez vous enfoncer plus avant jusqu’au quartier juif situé au nord-est de Hongkou. Du côté de la station de métro Dalian Road, la synagogue Ohel Moishe, édifiée en 1927, et un musée, celui des Juifs réfugiés, où vivaient quelque 20 000 personnes dans les années 1940 sous la «protection» ambigüe des Japonais. Aujourd’hui, plus rien, si ce n’est leurs maisons. Le dernier juif de Shanghai est mort en 1982, il avait 75 ans.

> Nostalgie photogénique.


. Il faut prendre le temps de flâner, voire de se perdre, dans ce ghetto exotique pour Shanghai mais presque familier: vers Huoshan Lu et Zhoushan Lu, s’étend une «Petite Vienne» peuplée d’immeubles étranges, de style vaguement européen, incroyablement désuets, partiellement décrépits, parfois ornés d’une étoile de David qui semble désormais incongrue. Dans le parc Huoshan, tout proche, un monument évoque la présence juive. Il règne, ici, une atmosphère comme seule cette ville sait en créer, flottant entre nostalgie, mélancolie et fragilité photogénique. À des années lumières de Pudong et du Bund, de la foule, face au 127 Haimen Road, là où se dressait l’Atlantic Cafe, on imagine les musiciens en train de jouer. Si vous préférez vous faire guider, il existe un «Shanghai Jewish Nostalgic Tour» (4 heures, pour 50 €). Plus authentique, plus complet, sous la houlette de l’historien et journaliste Dvir Bar-Gal, «The Shanghai Jewish Tours (4 à 5 heures, pour 50 € également. Pas cher payé pour un voyage émouvant dans le temps!

> Souvenirs d’en France...


. Avant de vous lancer à conquête de la vieille ville chinoise (Nanshi), située à l’ouest de Renmin Lu et délimitée par la Zhonghua Lu, à la recherche du «Lotus bleu» de votre enfance, faites un détour par la concession française, dans les quartiers de Xuhui et Luwan. Ce petit bout de France, créé en 1849 s’étend sur 1000 hectares en 1914, et disparaît en mars 1946. Que reste-t-il ? Huaihai Road, vers la station de métro Changshu Road, ancienne rue du Maréchal-Joffre, bordée de platanes, qui abrite encore quelques propriétés sublimes. De Fuxing Lu, ex-rue Lafayette à Maoming Lu, rue du Cardinal-Mercier, le temps se distend, entre luxe, calme et nostalgie. Vers Taikang Lu, des ruelles, des boutiques hypes, des terrasses… Nettement plus authentiques que celles de Xintiandi, d’ailleurs. Et tout aussi surprenantes que l’ancien cercle sportif français au 58, Maoming Nanlu, avec sa façade néoclassique années 1920. Ne manquez pas, entre autres, cet îlot de verdure au centre duquel se dresse un manoir à la française, devenu l’hôtel Taiyuan Villa. Quoi qu’il advienne, il vous faudra plus d’un jour pour vous rendre compte que Shanghai a su composer avec son passé. Même s’il se conjugue parfois à l’imparfait...

> Shanghai version luxe.


. Voici une liste succinte des meilleurs hôtels de Shanghai:

Mandarin Oriental Pudong : http://www.mandarinoriental.com/
Waldorf Astoria Shanghai on the Bund: http://www.hiltonhotels.com/fr_FR/
Les Suites Orient Bund Shanghai: http://www.lessuitesorient.com/Office de tourisme de Chine: http://www.otchine.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

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